Le chateau d'Edimbourg

 

 

     On la dit ville la plus hantée de Grande-Bretagne. Robert Louis Stevenson, qui y vécut jusqu'à l'âge de 26 ans, en fit le décor du « Docteur Jekyll et Mr Hyde ». C'est dans ses cafés que J.K. Rowling noircit les premières pages de « Harry Potter ». À Edimbourg, le surnaturel suinte de toutes ces vieilles pierres qui ont survécu aux démolitions pour soutenir de nouvelles constructions. En arpentant la vieille ville, il ne faut pas beaucoup d'imagination pour se sentir happé par cette atmosphère fantastique. Sur une des collines volcaniques où la capitale de l'Écosse fut bâtie, se dressent les murailles crénelées du Château. Même si aujourd'hui les touristes ont remplacé les marchands et coupe-jarrets et si ces bâtisses autrefois branlantes se louent désormais à prix d'or, la vieille ville affiche un caractère « gothique » très marqué. Amoureux du patrimoine, les Écossais, comme les Anglais, réussissent le parfait dosage entre vieilles pierres, frisson du spectacle et exactitude historique. Sans être ringard ou barbant.

 

edimbourg

Sous les pavés, les légendes :

 

     De nombreuses légendes ont longtemps évoqué l'existence d'un vaste labyrinthe de ruelles et passages enfouis sous les pavés de la vieille ville d'Edimbourg. Et bien sûr, peuplé de fantômes et d'apparitions maléfiques. Au XVIIe siècle, le Mary King's Close était un de ces ensembles de maisons imbriquées qui pouvaient s'élever sur sept étages. Les gens plus fortunés en haut, le petit peuple aux étages inférieurs. À hauteur d'égout. En 1752, le sommet de ces maisons fut rasé pour la construction d'un bâtiment public, les étages inférieurs conservés comme fondations. Bien que coupés de la lumière du jour, ces appartements et ruelles furent occupés sporadiquement jusqu'au XIXe siècle par des gens qui ne trouvaient refuge ailleurs. La légende était née. Le Mary King's Close raconte et met en scène quelques-uns des personnages qui se sont succédé sur les lieux. Le guide, en costume d'époque, précède son groupe et s'enfonce sous la ville. Des constructions, il ne reste qu'une succession de pièces, de volées d'escaliers, de piliers et de murs de briques. Ce qui manque a été intelligemment compensé par des reconstitutions et des mises en scène, qui, en privilégiant des procédés simples comme les projections d'ombres, contribuent à créer une ambiance hors du temps.

 

Les sanglots d'Annie :

 

     On ne serait pas en Écosse, si ces sombres et humides recoins n'abritaient pas leurs fantômes. Dans le Mary King's Close, les récits abondent et peuvent même être assez récents. Ainsi, il y a quelques années un médium japonais qui réalisait un film sur les lieux hantés aurait entendu les sanglots d'un enfant sourdre d'une des pièces. Ils provenaient du fantôme d'Annie, une petite fille abandonnée là par sa mère parce qu'elle avait la peste. Mais la petiote, qui ne se doutait de rien, pleurait la perte de sa poupée. Émue, la Nippone fit venir une poupée et les pleurs cessèrent. D'autres visiteurs firent de même remplissant peu à peu de peluches, babioles et colifichets, le coffre à jouets qu'on aperçoit dans la pièce où les sanglots se sont fait entendre.

 

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     Des fantômes, il en est aussi question lors du « Ghost hunter trail », une des nombreuses visites-promenades qui sillonnent le vieil Edimbourg. Les fantômes, qui titillent tant les Écossais, sont aussi un solide produit d'appel touristique puisque plus d'une demi-douzaine de tours différents se délectent d'histoires de spectres, sorcières et autres revenants.

 

Lors du festival estival qui fait bouillonner Edimbourg en août, il n'est pas rare de voir, à la nuit tombée, des groupes d'individus déguisés sur la piste des fantômes. La plupart des visites commencent au Mercat, ancien lieu de marché (et de torture) situé à mi-chemin sur le Royal Mile qui relie le Château au Palais de Holyrood. La guide, voilette et ample cape noire, se lance, pour la mise en bouche, dans une description détaillée d'une séance de torture. Ensuite, elle invite le groupe à la suivre dans un réseau de caves remontant au XVIIIe siècle mais construites avec des pierres de maisons plus vieilles encore.

  

Comme dans un film :

 

     En dehors des récits de fantômes, de Mr Boot à Johnny one arm, il n'y a pas grand-chose à voir. Il faut juste imaginer. Une bonne connaissance de l'anglais est évidemment appréciable. Après quelques détours, la visite s'achève au cimetière de Canongate. Tout ici sent le poids du temps et des générations, mais on se croirait dans un décor d'un film de la Hammer avec ses pierres tombales plates, légèrement fêlées, dressées de guingois sur une herbe pas trop bien tondue.

 

La dernière histoire, celle des bodysnatchers (les détrousseurs de cadavres), est racontée dans un caveau familial dont le plafond est protégé d'un treillis de grosses barres de fer. Au XVIIe siècle, l'école médicale manquant de cadavres pour ses dissections, des étudiants peu fortunés parcouraient les cimetières de la ville pour dérober les corps fraîchement enterrés en vue de les vendre à la Faculté. Les familles devaient alors trouver divers stratagèmes pour protéger leurs défunts.

  

Ambiance gothique garantie :

fantôme

 

     Après de longues stations debout dans ces endroits sombres et humides, le gosier se fait sec. Pour rester dans l'ambiance gothique, pourquoi ne pas joindre le George the IVth Bridge et pousser la porte du Frankenstein Pub, une ancienne église transformée en débit de boisson. La chaire de vérité y accueille le DJ et de gros accumulateurs électriques empruntés au laboratoire du créateur fou ajoutent à l'ambiance gothique. Côté boissons, on reste plus traditionnel : whiskies et bières à la pompe. Un peu plus loin sur le même trottoir, les grandes vitres de l'Elephant House s'ouvrent sur un salon de thé baba cool aux murs pastel. Une affichette discrète annonce que l'endroit est le lieu de naissance d'Harry Potter. Si J.K Rowling venait s'y réchauffer en période de disette, ce n'était pas son repère favori qui est aujourd'hui transformé en restaurant chinois.

 

Edimbourg n'est pas qu'une ville musée qui a recyclé ses venelles mal famées et leurs théâtres de sang en attractions touristiques. Fière de son statut de capitale financière et politique de l'Écosse, elle attire l'argent et les gens qui vont avec. Ville universitaire et d'écrivains, elle devient capitale de la culture tous les étés au mois d'août. Comme hantée par le héros de Stevenson, la ville ne s'est pas défaite de son double sinistre. Aujourd'hui, il hante les quartiers périphériques arpentés par l'inspecteur John Rebus des polars d'Ian Rankin ou les squats occupés par les zonards camés du Trainspotting d'Irvine Welsh.

 

Personne ne sait si dans trois cents ans, une attraction thématique proposera une reconstitution d'un squat avec ses occupants et leurs délires chimiques. Mais il y a fort à parier que les fantômes seront toujours là.

  

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