Le Mystère de l'Abbé Saunière

Remerciements à,

Mr Jean-Pierre Garcia

Extrait du site http://www.rennes-le-chateau-archive.com

Partie I

Introduction :

 

     En 1956, une nouvelle défraie la chronique du journal « la dépêche du midi ».

Le curé d’un petit village de l’Aude en France, Béranger Saunière, aurait découvert un important trésor à la fin du 19ème  siècle.

 

beranger sauniere

 

     Ce village s’appelle Rennes le château.

 

Ce jeune prêtre âgé de 33 ans y arrive presque sans un sou en juin 1885.

La commune compte alors 300 âmes et pour y accéder il faut gravir 3 km d’un chemin en lacets.

 

Dans le petit village, on se sent dans un autre monde, perché sur une colline, surplombant tous les alentours, une vue imprenable domine le plateau, coupé de tout, hors du temps, le jeune curé dépense malgré cela en 1891 pour plusieurs millions de franc-or travaux….

  

 

rennes-le-château

 

     Mais ce n’est qu’un avant goût car cette affaire ira de rebondissement en énigme.

 

Ce prêtre, réputé pour son engagement complet à la fois chrétienne, joue avec les contradictions et les mystères. Il laisse notamment dans son église après sa restauration, une multitude de symboles qui ne cadrent pas du tout avec la parole d’évangile.

Des anomalies sont observées et restent incompréhensibles de la part d’un homme d’église érudit comme l’Abbé Saunière.

Des allégories étranges, des jeux de mots et de chiffres hantent les lieux.

Un diable hideux garde l’entrée de la paroisse alors que 4 anges vous invitent à le vaincre.

Saunière voue de plus une réelle obsession pour Marie Madeleine et tout nous rappelle son mythe jusqu’à la tour Magdala qu’il fit construire, hymne à Marie la Magdaléenne, disciple de Jésus….

 

Le domaine de Saunière qu’il finira par embellir avec des essences rares et des animaux des tropiques dépasse l’imagination. Non seulement les travaux ont été pharaoniques pour l’époque, mais le plan comporte une géométrie sacrée d’une intelligence hors du commun.

  

 

Comment Béranger Saunière a-t-il pu financer ses travaux monumentaux ?

Qu’a-t-il voulu nous dire au travers de ses messages codés ?

 


 

     De nombreuses affaires de trésor existent, mais celle-ci revêt un intérêt particulier. En effet, ce trésor qualifié de fabuleux comporte des implications historiques certaines. La publication de trois articles en 1956 par Noël Corbu, un industriel devenu propriétaire du domaine, génère les passions, d’autant que l’histoire de Béranger Saunière mélange les genres : religion, trésor, histoire, codes, ésotérisme et surtout art…

 

Comment un petit curé de village a-t-il pu basculer dans le luxe du jour au lendemain ? Pourquoi son parcours l’a-t-il mené jusqu’à fréquenter certains intellectuels bien connus du milieu parisien ? Comment s’est ont intéressé à 3 tableaux, dont l’un au Louvre ?

 

Quelques journalistes et chercheurs s’engouffrent alors dans ce mystère révélé et des hypothèses sur l’origine du trésor sont émises. S’agit-il du trésor perdu de Jérusalem ? Du trésor des cathares ? Du trésor des templiers ? Du trésor des Wisigoths ? Du trésor de Rome ? Du trésor de Blanche de Castille ? Ou plusieurs a la fois ? ...

 

En effet, l’histoire de Rennes le Château et de sa région, le Haut Razès, indique qu’elle se confond avec de nombreux épisodes célèbres et douloureux comme l’invasion des Wisigoths, l’hérésie des cathares, l’inquisition et la croisade des albigeois ou l’ordre des templiers.

 

D’autres curés du Razès eurent à la même période des comportements étranges et des moyens financiers inhabituel. Un assassinat de prêtre frappera même la région.

 

L’histoire de Béranger Saunière nous conduit au peintre Nicolas Poussin et à son célèbre tableau « les Bergers d’Arcadie ».

 Cette toile représente 3 bergers et une bergère, réunit autour d’une tombe antique, contemplant une inscription latine :

 

« ET IN ARCADIA EGO »

 

Or en 1970, coup de théâtre : une tombe identique en tous points, paysage, forme, dimension, orientation est découverte.

 Cette tombe se trouve près du village d’Arques à moins de 10km de Rennes le château.

 Sa formule « ET IN ARCADIA EGO » révèle alors l’un de ses secrets : C’est l’anagramme d’une autre expression latine : « I TEGO ARCANA DEI » qui peut se traduire par :

 

« VA ! JE CACHE LES SECRETS DE DIEU »

  

bergers d'arcadie
bergers d'arcadie

 

Cardou     Blanchefort    Rennes    Cardou  Blanchefort     Rennes 

         Tableau de Poussin                     Photo actuelle

 

     Il est alors clair qu’au trésor de Béranger Saunière vient s’ajouter un autre historique, d’une extrême importance et qui dépasse de loin l’argent, l’or et les bijoux.

 

Certains aspects de l’énigme ne suffisent plus à expliquer les allusions symboliques de Saunière dans son église, son introduction dans un cercle fermé, ses relations avec de grands auteurs comme Debussy. Comment expliquer également l’indulgence de l’église catholique et du Vatican à l’égard de ce prêtre indocile ? 

 

Ce trésor revêt peu à peu la forme d’un grand secret capital et qui dépasse de beaucoup le cadre d’un petit curé de campagne. L’énigme de Rennes le Château rendue publique, elle devient une immense vague de fond qui s’étend au monde entier. Cette vague est d’ailleurs maintenant amplifiée par Internet, favorisant la recherche et les échanges entre tous les passionnés.

 

De nombreux historiens mènent une longue enquête où se croisent les hébreux, les celtes, les romains, les wisigoths, les francs, et les dynasties qui régnèrent en France. Des personnages aussi célèbres que Dagobert II le roi perdu, blanche de Castille, Nicolas poussin, Nicolas Fouquet et sa famille, Louis XIV, Colbert, Delacroix, Victor Hugo, Debussy, Jean Cocteau, sont cités pour avoir joué un rôle plus ou moins déterminant dans cette affaire.

 

Une société secrète « LE PRIEURE DE SION » est mise également en lumière et semble garder sur une mystérieuse lignée mérovingienne et une liste de grands maîtres qu’un certain Pierre Plantard, mentor de Gérard de Sède, mettra en relief.

 

Mais surtout on apprendra que Plantard hérita d’un dossier sulfureux qui le propulsera a des dizaines d’années lumières des autres chercheurs encore réduits à creuser dans la commune de Rennes. Ce dossier alimentera Gérard de Sède.

 

Il faut visiter Notre Dame de Marseille et retravailler la période de Fouquet et ses démêlés dramatique avec Louis XIV, il faut revisiter l’église de Saunière qui a encore beaucoup de choses à nous apprendre comme la fresque de la montagne Fleurie.

  

rennes-le-château

 

     Au fil du temps l’énigme prend des dimensions tentaculaires. Se comportant comme un véritable puzzle historique, chaque pièce finie par trouver sa place et petit à petit les contours secrets se dessinent, étonnant, inattendus, incroyables, complexes, spirituels…

Aujourd’hui, l’aventure continue puisque chaque année des révélations sont présentées déclenchant d’autres recherches et d’autres découvertes.

  

L’HISTOIRE DE SAUNIERE :

(Ses débuts et ses découvertes)

sauniere

 

 

 

 

François Bérenger Saunière

 

Né le 11 Avril 1852

Mort le 22 Janvier 1917

 

     Sa vie de curé de campagne fut extraordinaire et son charisme sans égal.

Voici son histoire qui fit de lui « le curé aux milliards » et qui permit de nous laisser en héritage un fabuleux mystère et surtout une affaire, l’affaire des deux rennes….

 

SES DEBUTS :

rennes-le-château

     Béranger Saunière naquit à Montazels le 11 Avril 1852, un petit village situé près de Rennes le Château. Il fut l’aîné d’une famille modeste qui comptait sept enfants.

Son père, Joseph Saunière (1823-1895), fut le régisseur des terres du château de Montazels pour le compte d’un noble de la région : le marquis de Casamajou.

Joseph Saunière fut également le maire du village de Montazels. Sa mère, Marie Hugues, disparue en 1909. 

 

  • - Juin 1879 – Début de prêtrise

 

     Béranger fut ordonné prêtre le 07 Juin 1879 et vicaire à Alet-les Bains durant trois ans.

 Il fut ensuite curé du doyenné du Clat, un village isolé et rude, se trouvant sur les terres des Nègres d’Ables. Il y restera trois ans avant de devenir professeur à Narbonne pour quelques mois. Est-ce son orgueilleuse assurance qui déplut à sa hiérarchie ? le fait est que l’évêché le nomma enfin dans une petite commune de peu d’importance est de peu d’avenir pour lui : Rennes le Château. 

 

  • - 1er Juin 1885 : son arrivée

 

     A 33 ans, le jeune Saunière prit possession de sa paroisse dans le village de Rennes le Château. 

 C’était un homme dynamique, souriant, affable, plein de passion pour la vie et dévoré d’ambition. Mais le premier aperçu de son avenir n’a pas dû être vraiment ce qu’il espérait.

 

A cette époque, le village ne comptait que 200 habitants. Particulièrement isolé, ou, y accédait que par un chemin muletier difficile à arpenter, surtout sous le soleil de ce mois de Juin. C’est par ce chemin depuis Montazels, envahi par le champ des cigales et l’odeur du thym, que Béranger prit possession de sa paroisse. Ce village ne lui était d’ailleurs pas inconnu. Enfant il accompagnait son père à la chasse et il connaissait déjà les moindres recoins. 

 

Sa première visite à son église sainte Marie Madeleine ne lui fit découvrir qu’un lieu désolé et mal entretenu. La toiture était dans un état de complet délabrement et malgré des murs solides, l’humidité pénétrait de toute part, fragilisant le bâtiment. Il est vrai qu’un rapport sur l’état de l’église établi le 25 Mars 1845 indiquait déjà quelques réfections nécessaires. Le presbytère était aussi littéralement inhabitable. Seules quelques poules trouvaient l’endroit agréable. Le village était également dans un même état de pauvreté. De nombreuses maisons étaient lézardées et le château des Hautpoul, fierté du village, tombait peu à peu en ruine.

 

Le presbytère étant insalubre pour y loger, des habitants du village dirigèrent leur nouveau curé vers Alexandrine Marrot qui l’hébergea plusieurs mois. C’était semble t-il le temps nécessaire pour entreprendre quelques réparations et rendre le presbytère habitable.

 

  • - Janvier 1886 – Exil à Narbonne durant 6 mois

 

     Béranger Saunière se trouva suspendu de tout revenu pendant 6 mois et il fut muté comme professeur au Petit Séminaire de Narbonne. Cependant le prêtre dut alerter son évêque sur sa situation financière. Du fait de sa suspension et voyant les difficultés dans lesquelles il se débattait, Billard lui remis immédiatement 200 franc-or. Aucun remplaçant ne sera nommé pendant son absence. Mais ce séjour loin de rennes le Château fut sans aucun doute pour Saunière la source d’une rencontre.

 

chambord
  • - Un don de 3000 franc-or

 

     C’est probablement suite à cet exil et à cette malheureuse aventure avec le ministre des cultes que Saunière reçut un premier don de 3000 franc-or de la part de la comtesse de Chambord.

 

Ce don est symbolique, car la comtesse est marie Thérèse Béatrix d’Autriche, fille du Duc de Modène et veuve de l’héritier du trône, le comte de Chambord. Elle est donc presque reine de France.

 

Cet épisode va redynamiser sans aucun doute Béranger Saunière, d’autant que cet argent représente une somme importante pour l’époque.

 Serait ce un don ? un prêt ? et en échange de quoi ? on ne le saura jamais.

 C’est en tout cas un nouveau destin qui s’annonce pour notre curé.

  

     La comtesse de Chambord était une femme extrêmement riche et influente. Elle est issue de la grande famille des Habsbourg qui détenait le pouvoir en Europe depuis cinq siècles. A cette époque, le pouvoir économique et religieux des Habsbourg rayonnait dans le monde entier. Les projets politiques étaient sous l’influence de cette prestigieuse famille et l’empereur d’Autriche pouvait même user d’un droit de veto sur l’élection du pape. Fait extraordinaire et peu connu, ce droit fut utilisé deux fois.

Rappelons que cette puissance familiale s’arrêtera sur un événement dramatique et soudain, l’assassinat de l’archiduc à Sarajevo, ce qui déclencha la première guerre mondiale.

 

L’entrevue avec la comtesse est un point obscur du mystère entourant l’’abbé. Pourquoi confier un an de salaire d’un prêtre à un petit curé de campagne? Saunière avec son charisme avait-il convaincu la comtesse de l’aider dans ses convictions royalistes? Serait-ce une aide pour améliorer son quotidien? Serait-ce un don de charité pour rénover l’église? Ou bien s’agit-il de tout autre chose?

 

D’ailleurs, Saunière sera amené à rencontrer plusieurs de fois de suite, un certain me Guillaume, en réalité Johann de Habsbourg, archiduc d’Autriche-Hongrie, qui lui rendra visite à rennes le Château. Saunière devait il rendre compte de la bonne utilisation des investissements de la comtesse ou de l’avancée de ses recherches ?

 

  • - Le lien Hautpoul – Chambord

 

     Il est intéressant de noter que le petit village de Rennes le château fut la propriété jusqu’à la révolution de la famille des Hautpoul Blanchefort.

 Le dernier descendant fut la marquise Marie de Negri d’Able décédée le 17 Janvier1781. Or le précepteur du comte de Chambord était un Hautpoul Blanchefort, François hautpoul.

 

  • - Juillet 1886 – retour à Rennes le Château

 

     Ce fut avec une curieuse mansuétude que sa sanction fut levée par son évêque Mgr Billard. Est-ce parce que Mgr Billard était lui-même royaliste ? ou bien parce que grâce au charisme de Béranger saunière, les gens du village commençaient à le réclamer ? Toujours est il qu’une nouvelle fois, Mgr Billard remis Saunière sur sa destinée.

 

Le fait est qu’il retourna très vite à Rennes le Château et il reprit ses activités la où il les avait laissées. Il entreprit alors de préparer les travaux les plus urgents dans l’église. Rapidement, ces dépenses étonnèrent puisqu’il finança ces premières restaurations sans aucun problème. En fait Saunière avait dû profiter de quelques dons pour démarrer.

 

Saunière fit faire également des devis pour la réfection de sa paroisse et l’estimation s’élevait à environ 2797 franc-or. Un autre devis fourni par le même architecte pour la construction d’une nouvelle église s’élevait à 4500 franc-or. Saunière prit alors la décision de lancer la restauration.

 

Comment Saunière a-t-il pu financer la rénovation avec uniquement les 1000 franc-or de la comtesse de Chambord ? C’est la première question qui hanta tous les chercheurs des années plus tard.

 

  • - Premiers travaux de restauration en 1887 et découvertes

 

     Béranger Saunière commença sans tarder les travaux de restauration et c’est par les vitraux qu’il commença.

 Tous les travaux furent remplacés par un maître artisan de Bordeaux, marcel Fleur. Le plus célèbre d’entre eux est celui représentant Marie Madeleine à Béthanie, agenouillée et essuyant les pieds du Christ de ses cheveux.

  

rennes-le-château

 

     Plusieurs de ces vitraux ont également fait couler beaucoup d’encre comme le vitrail de la sacristie. Pour certains les décors bleus les encadrant, seraient là pour rappeler et indiquer les fameuses pommes bleues de la phrase trouvée dans le grand parchemin « bergère pas de tentations que Poussin Téniers… »

En effet, autour du 17 janvier, le soleil traverse l’un des vitraux en projetant des tâches bleues et orange sur les murs de l’église. S’agit-il de ces célèbres pommes bleues dont nous parle le parchemin ?

  

(Curieusement, ce maître verrier n’a fait des vitraux dans le sud-ouest que pour des églises dédiées, soit à Notre dame, soit au Sacré Cœur. Aurait-il eu des liens avec la franc maçonnerie ? Il est vrai que les célèbres loges maçonniques de Toulouse ne sont pas loin de la région Bordelaise.)

 

  • - Première découverte, des parchemins ?

 

     L’autel, l’un des éléments les plus importants dans une église, était vétuste et ne plaisait pas à Saunière. Il le fit remplacer rapidement.

 

Ce mobilier était incontestablement de facture ancienne.

 Construit d’une pierre plate partiellement encastrée dans le mur, elle était soutenue par l’avant par deux vieux piliers, l’un en pierre brute et l’autre dans le style carolingien, décorés d’entrelacs et d’une croix gravée ; la croix du silence.

 L’autel ne correspondait ni aux souhaits du jeune prêtre ni à la mode des édifices religieux de l’époque.

 

Aidé par Marie Dénarnaud, Elie Bot, deux maçons du village et de deux enfants de chœur, il décida de démonter l’ancien autel pour le remplacer. Là encore, un moment important de l’histoire va faire basculer Béranger Saunière dans la légende. Il est aujourd’hui très difficile de rapporter les faits exacts des découvertes, car plusieurs versions existent. Elles sont nées non seulement de la rumeur populaire, mais aussi grâce au génial auteur Gérard de Sède.

 

Voici la version la plus célèbre :

  

pilier carolingien

     Les ouvriers déplacèrent la pierre plate et mirent à jour les sommets des deux piliers. A cet instant l’un deux vit apparaitre une creux rempli de fougères sèches.

Lorsque Saunière fouilla les débris, il trouva trois tubes de bois hermétiquement scellés à la cire. 

Il les ouvrit et y trouva 4 parchemins dont 3 actes comportant des généalogies, l’un daté de 1243 qui porte le sceau de Blanche de Castille, le second de 1608 de François Pierre de Hautpoul, le troisième de Henri de Hautpoul du 24 Avril 1695 , le quatrième un recto/verso qui est de loin le plus mystérieux.

pilier carolingien

     On ne sut jamais ce sue Saunière fit de ces parchemins.

 

Le pilier carolingien sculpté fut placé par le prêtre à l’extérieur de l’église où il servit des années plus tard de piédestal à une statue de Notre dame de lourdes. Pour une raison inconnue, ce pilier fit placé inversé, la tête en bas

 

 

  • - 27 Juillet 1887 – L’autel est en place

 

     Les ouvriers mirent en place rapidement le nouvel autel. Les premiers travaux urgents étaient terminés.

 

L’un des deux piliers carolingiens est aujourd’hui visible au musée de Rhedae et il est facile de vérifier que le creux que l’on appelle aussi « capsa » ou « tombeau » est d’une taille très réduite.

Traditionnellement cette cavité servait à des déposer des reliques ou quelques pièces de monnaie avant le scellement de l’autel. 

 

Il est donc fortement probable que saunière et ses ouvriers trouvèrent quelques pièces ou un document sur l’église, mais certainement pas trois tubes de bois contenant des parchemins.

  

notre dame de lourde
  • - Seconde découverte, une fiole…

 

     Ce fut ensuite au tour de la chaire d’être restaurée. Ce mobilier qui date du XVIIème siècle était dans un état pitoyable et menaçait de s’effondrer. Saunière avait aussi prévu de le remplacer par une nouvelle chaire dans un style saint sulpicien plus à la mode.

 L’ancien mobilier fut donc démonté.

C’est alors que le carillonneur du village, Antoine Captier, en fermant l’église lors de son tour de ronde, remarqua une colonne de bois sculptée qui jonchait le sol. Voulant la protéger des travaux, il décida de la transporter dans un endroit plus sûr. Mais en la déplaçant, une petite fiole de verre s’échappa du pilier et se brisa. Antoine Captier vit alors un petit document rouler sur le sol. Intrigué, il le remit instantanément à Saunière.

Pour de nombreux auteurs, le document était signé Jean Bigou, l’oncle d’Antoine Bigou et prédécesseur comme prêtre dans cette église, mais ceci n’a jamais pu être prouvé. 

 

     La réaction de l’abbé, au dire du carillonneur sembla des plus étrange.

En effet Saunière lui affirma que ce document était sans importance. Pourtant le descendant rapporte que son ancêtre avait coutume de dire « Si l’abbé Saunière est devenu riche c’est grâce à moi ».

 On peut facilement supposer que cette histoire lui laissa un goût amer. 

 

rennes-le-château

     Le balustre de bois de châtaignier, haut d’environ 1 mètre, était destiné à soutenir la chaire.

Une cachette dissimulée dans le chapiteau de sa partie supérieure avait été aménagée afin d’y sauver un secret. 

Béranger Saunière, conscient de l’importance de cette découverte, conserva le balustre toute sa vie dans sa bibliothèque.

 

dalle des chevaliers
  • - Troisième découverte, une dalle et une oule…

 

     Le document de la fiole contenait-il un message important ? Le fait est que le lendemain matin, accompagné de deux ouvriers, Saunière désigna devant l’autel le sol et particulièrement une pierre de taille imposante en déclarant : « il faut desceller et soulever cette dalle ».

 

Munis d’une barre de mine, les maçons s’activèrent autour de la dalle et dégagèrent sa face cachée. Une surprise les attendait puisqu’ils découvrirent un superbe décor en relief datant du VIIIème siécle et d’époque carolingienne.

 

(Depuis, les experts ont confirmé que cette dalle date bien de l’époque carolingienne. Le dessous de la pierre gravé comporte deux panneaux dont l’un est très usé. Le panneau de gauche représente une cavalière faisant boire son cheval dans une auge. Le panneau de droite représente un homme à cheval portant une épée nue et un écu (petit bouclier rond) et non un enfant comme certains ont voulu l’affirmer.) 

 

     Cette pierre, que l’on appelle « la dalle des chevaliers » généra de nombreuses spéculations historiques. La plus célèbre est celle de la légende du roi perdu merovingien, fils de Dagobert II. Ce  dernier, assassiné à Stenay en 679 aurait eu un fils Sigebert IV qui aurait été caché à rennes le Château pour le préserver du complot. Une légende naquit ensuite faisant de ce jeune souverain une mystérieuse lignée mérovingienne, origine présumée des seigneurs de Rennes le Château.

 

Mais les trouvailles ne s’arrêtèrent pas là. Un peu plus tard, en dégageant complètement l’autel avec Elie Bot, une cache enterrée dans le sol contre un brique de mur fut mise à jour. La cavité contenait une « oule » (récipient d’argile) dans laquelle Saunière et ses ouvriers contemplèrent des objets brillants.

  

graal

     Malgré la discrétion que Saunière voulut imposer sur sa découverte. Le petit trésor n’était pas exceptionnel, mais suffisant pour faire rêver le prêtre et ses ouvriers. On ne connut jamais sa composition exacte. Outre de la monnaie et quelques bijoux probables, la pièce principale fut offerte par Saunière à l’abbé Grassaud, curé de Saint Paul de Fenouillet. Il s’agit d’un calice en vermeil datant du XVIIème siècle.

Saunière utilisa certainement une partie de ce dépôt pour restaurer l’église. Mais surtout il fit quelques cadeaux pour faire taire les ragots et montrer sa générosité cette distribution n’était sans doute pas sans intérêts. Saunière avait certainement mieux à faire que de monnayer ses objets anciens. Car il lui fallait préserver son image d’homme d’église intègre, afin de mieux opérer en secret. 

 

  • - Naissance d’une complicité

 

La suite du récit reste mystérieuse, car saunière prit à cet instant l’habitude d’être très discret sus ses investigations dans l’église.

 « Ce que nous avons découvert est de la plus haute importance et je dois en référer à Mgr l’évêque. Rentrez chez vous, je vous ferais signe »avait-il dit à ses ouvriers intrigués.

  

marie denarnaud

     La nouvelle de la découverte d’un trésor par l’abbé saunière fit immédiatement le tour du pays. Les ouvriers ne purent évidemment s’empêcher de raconter ce qu’ils avaient vu. Mais Saunière n’eut aucune intention de faire plus de publicité et certainement pas à sa hiérarchie. Seule Marie Dénarnaud, sa fidèle servante, resta à ses côtés et partagea tous ses secrets. Cette surprise sera pour Béranger et marie le début d’un pacte qui les liera jusqu’à la mort.

 

A cet instant Saunière sut qu’il était sur les vestiges d’un site très ancien. L’église de Rennes le Château a certainement été bâtie sur un sanctuaire historique et la présence d’une oule cachée prouve qu’il y a encore des découvertes à faire. Dès lors, Saunière s’enferma dans l’église, mais personne ne sut ce qu’il fit exactement. 

 

     Une hypothèse non encore prouvée indique que l’église serait construite sur une crypte contenant les tombeaux des seigneurs de Rennes ? Il est vrai que l’abbé Bigou, curé de Rennes le Château, prédécesseur de son neveu Antoine Bigou, et donc Saunière, aurait laissé selon la légende un écrit disant ceci :

« Il existe sous l’autel de l’église de Rennes le château une pièce dans laquelle se trouvent des tombeaux datant des temps des anciens Rois et des documents qui ne doivent pas tomber entre toutes les mains. Dans ce dessein, l’accès à cette crypte a été muré par mes soins. »

  

rennes-le-château

     Suite à cette découverte, Béranger Saunière changea de comportement. Alors que jusqu’à présent ses travaux de restauration étaient réalisés avec l’aide d’ouvriers, il entreprit seul la suite des excavations. Durant plusieurs semaines, il s’enferma dans sa paroisse et c’est à coup de pioche et de pic que le curé attaqua le sol. Il creusa dans l’allée centrale, la nef et le transept. Dégageant la rocaille, il trouva probablement des marches menant sous l’église. Le mythe d’une mystérieuse crypte était né. Comme le dimanche il devait tout de même donner la messe, ses travaux étaient soigneusement protégés au regard des paroissiens par une palissade.

 

sauniere

 

  • - 1891 – Naissance du jardin de l’église

 

     Cette année 1891 semble avoir été de la plus haute importance pour Béranger Saunière.  

D’une part parce qu’il réalisa les premiers travaux des jardins autour de sa paroisse, mais aussi qu’il fit une nouvelle découverte importante et ceci nous le tenons de l’un de ses carnets qu’il tenait à jour scrupuleusement.

 

Béranger Saunière se mit à créer les jardins de l’église tels que nous les connaissons actuellement avec des plans particulièrement sophistiqués. Il demanda notamment l’autorisation d’élever un calvaire sur le terrain devant l’église. Une croix importante posée sur un socle, fut érigée suite à l’accord de la mairie.

 

Un autre événement se déroula le 21 Juin 1891. En effet Béranger Saunière organisa une procession avec le père lazariste Ferrafiat provenant de ND de Marseille.

 Il inaugura à cette occasion la statue de Notre Dame de Lourdes posée sur le pilier carolingien inversé. Une inscription y sera gravée « MISSION 1981 ».

 Une communion eut également lieu avec les 24 enfants de la paroisse comme en témoigne la photo ci-contre.

 

  • - Septembre 1891 – Quatrième découverte, un tombeau

 

     Saunière inscrivait énormément de détails dans ses carnets. C’’est ainsi que l’on peut lire : 

« le 21 septembre 1981 : excavé une tombe puis lettre de Granes – découverte d’un tombeau, le soir pluie »

 

Il est impossible de dire avec certitude de quelle tombe il s’agit, mais la légende populaire nous rapporte qu’il pourrait s’agir de la sépulture de Marie de Blanchefort.

 Quelques jours plus tard, Saunière écrivait :

 « le 29 Septembre 1891 : « vu curé de Névian – chez Gélis – chez Carrière –Vu Cros et Secret » » 

sauniere

 

     Il est à noter que le mot « secret » pouvait aussi être utilisé à l’époque comme abréviation du mot « secrétaire », ce qui donne alors l’inscription « Vu cros et son secrétaire ». Deux exemples ci-dessous montrent bien son utilisation. Le seul doute pourrait être l’absence d’accent sur le mot « secret ». Nous savons peu de choses sur l’abbé cros mais il fut probablement l’un des confidents de Béranger Saunière comme l’indiquent ses notes. 

Guillem secret de l’évéché         chanoine, secret, gén

 

     Saunière réalisa également cette année un collage composé de deux illustrations tirées du journal « La croix ». le haut représente trois angelots emmenant un nouveau-né vers le ciel et avec la légende ci-dessous :

« l’année 1891 portée dans l’éternité avec le fruit dont on parle ci-dessous »

 

Au bas Saunière colla une gravure représentant l’adoration des trois rois mages.

 Cette légende dit ceci :

 « Melchior : reçois, ô roi, l’or, symbole de la royauté

 Gaspard : reçois la myrrhe, symbole de la sépulture

 Balthasar : reçois l’encens, ô toi qui est Dieu »

 

  • - De bien curieux fossoyeurs

 

Les travaux en secret de Saunière ne s’arrêtèrent pas là. C’est par un pur hasard que le curé et sa servante, marie Dénarnaud, furent observés discrètement par les villageois en pleine nuit. Marie Dénarnaud, une lampe à la main et saunière muni d’une pioche, s’agitaient dans le petit cimetière, derrière l’église. Les cercueils furent déplacés, ouvert et les os entassés près de l’ossuaire. La scène remplit d’effroi un villageois, témoin de la scène. Ce manège n’était d’ailleurs pas le premier.

D’autres nuits aussi sordides eurent lieu notamment autour de la tombe supposée de la marquise de Hautpoul.

 

rennes-le-chateau

     Comment un homme d’église pouvait il agir de la sorte et en pleine nuit ? Et que cherchait-il exactement ? Désirait-il trouver une autre oule plein d’or ou cherchait il l’entrée extérieur de la crypte.

 

Saunière fut suspecté plus tard d’avoir mystérieusement buriné quelques épitaphes, dont celle de la stèle de Blanchefort. En fait, il cherchait probablement d’autres tombes avec peut-être d’autres « oules » pleine d’or. Mais surtout, il voulait repérer l’accès extérieur menant à la crypte. Il finit sans doute par le détecter puisqu’un mystérieux isoloir muni d’un faux placard fut construit, collé à l’église. Le prêtre aimait décidément les secrets. 

 

     Le maire fut très vite alerté de ces opérations sordides, mais Saunière avec son aplomb habituel, répondit qu’il devenait nécessaire de ré-agencer le cimetière étant donné que la municipalité n’avait encore rien entreprit. Les autorités l’obligèrent toutefois à remettre tout dans l’état, ce qui fut fait. C’est suite à cet épisode qu’il acheta la concession pour lui et Marie Dénarnaud le long du mur, au fond du petit cimetière.

 

Toutefois, le prêtre ne se laissa pas intimider. Comme s’il était investi d’une mission qu’il fallait terminer, il entreprit une autre tâche tout aussi laborieuse : construire dans le jardin de l’église une grotte. Il l’érigea à l’aide de pierre de rivière, disposées sans mortier. A l’intérieur il y plaça une représentation de Marie Madeleine agenouillée en prières. Un banc fut également posé, sur lequel on peut lire à l’aide de petits cailloux cimentés, une bien curieuse inscription.

 

Pour construire cette grotte, la rumeur populaire prétendit qu’il partait tou les matins avec Marie, une hotte sur lés épaules, chercher des peirres sur le bord du ruisseau des Couleurs, près de « la grotte du fournet » maintenant appelée « la grotte de marie madeleine ». cette hotte contenait elle que des pierres à son retour? on ne le saura jamais.

 

1892 fut en tout cas la dernière année où Béranger Saunière ne présenta aucun signe extérieur de richesse. Mais les années suivantes vont révéler un prêtre bien différent.

  

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